Le 3 mai 1904 , Le Petit Caporal écrit : "La petite commune d'Ozour-la-Ferrière, [...] a été [...] le théâtre d'un effroyable accident d'Automobile". En effet, le 1er Mai 1904, six Parisiens en balade - probablement venus comme il était coutume dans nos forêts chercher du muguet - virent leur véhicule fauché par le train Paris-Bâle de 17h45 au passage à niveau des Friches... 6 morts.

Les journaux de l'époque situent cet accident à Ozoir mais en réalité le passage à niveau des Friches est à Roissy. La confusion est probablement due au fait que ce passage à niveau est, à cette époque, à proximité de l'ancienne gare d'Ozouer... qui se trouvait en réalité, là aussi, sur la commune de Roissy... On n'était pas très regardant sur les limites administratives des communes.L'enquête révéla qu'il y avait les élections municipales à Roissy ce jour là... et le garde-barrière, trop occupé à parler politique, a simplement oublié de fermer le passage à l'arrivée du train...
A en lire la couverture médiatique, cet accident a visiblement marqué les esprits. Il était probablement l'un des plus meurtriers jusqu'à lors. La ligne de chemin de fer avait, certes, 50 ans... mais, en 1904, aller flâner le dimanche avec sa propre automobile était un loisir récent.
Une délégation importante des représentants de la ligne des Chemin de Fer de l'Est, créée par les Frères Pereire, se rendit aux obsèques.
Ce qui est intéressant, d'un point de vue narratif, dans la lecture des archives concernant cet accident, c'est la présentation qu'en font les journaux à l'époque. L'article du Petit Caporal nous narre jusqu'au dernier soupir de la dernière survivante. Dans un autre on nous explique que deux corps étaient restés collés dans le tablier de la locomotive.
L'illustration en Une du Petit Journal du 18 mai (en tête de cet article) est un horrible chef-d’œuvre où l'on présente, avec force détails, la scène telle qu'elle est racontée dans d'autres journaux.
L'aubergiste à côté du passage à niveau fait même éditer une carte postale intitulée "Accident Automobile, 1er mai 1904". En réalité on voit juste des gens poser devant le passage à niveau...C'est probablement sa famille et lui qui posent devant. (J'ai mis une photo actuelle pour vous montrer que les lieux n'ont pas beaucoup changés.)

Le journal humoristique le Pêle-mêle s'en trouva grandement inspiré. Il réadapta la scène en présentant un Parisien perdu, très élégant, demandant son chemin à un Ozouerien ... un cul-terreux... forcément... qui lui propose d'emprunter le passage à niveau qui le "raccourcirait"... littéralement. Faut aimer l'humour Charlie #jeSuisCharlie

Voilà voilà... j'espère que vous aviez déjeuné Sinon bon app'
